Julien 20 ans, Hébergé par Le Refuge

© Crédit photo Miss Buffet Froid

Je suis né le 2 juillet 1994 en Seine-et-Marne, dans une petite ville qui s’appelle Salins. J’y ai habité jusqu'à l’âge de mes dix ans, mais tout n’était pas rose. J’ai vécu pendant 10 ans sous les violences et les menaces de mon père qui était alcoolique ; ma mère était soumise à mon père.

Alors que j’avais dix ans, ma mère a décidé de quitter mon père, le temps de sa garde à vue, et nous sommes partis en pleine nuit. Pendant 1 an, on a vécu heureux et paisiblement.

Quand j’ai eu 11 ans, ma mère a rencontré mon beau-père et là, tout a dérivé. Un beau-père strict et qui manipulait ma mère : elle est redevenue soumise à un homme. Cela ne s’arrangeait pas du tout sous les cris, les pleurs et la colère.

À 13 ans, c’est là que j’ai découvert mon homosexualité. Au départ, je pensais que c’était une maladie et après, petit à petit, j’ai compris que c’était normal et que j’étais attiré par les garçons.

À 15 ans, j’ai fait mon coming-out auprès de ma famille et de mes amis. Alors que ce n’était pas rose, ça n’a fait qu’empirer. Mon beau-père étant homophobe, j’ai encore plus subi sa maltraitance.

Ce qu’ils m’ont fait subir le plus était de m’enfermer pendant deux semaines dans une chambre et de manger dans une pièce à part, parce que mon beau-père disait qu’un homosexuel ne devait pas être à table avec eux.

Au moment de mes 17 ans, il y a eu une décision judiciaire et le juge m’a placé immédiatement pour homophobie et maltraitance. Ce soir-là je suis arrivé dans un foyer d’accueil pour jeunes mineurs. J’y suis resté pendant 1 an.

Pendant cette année et jusqu'à l’âge de mes 19 ans, j’ai connu la prostitution, les agressions, la drogue, l’alcool, les tentatives de suicide, la rue et le CHRS.

Vivre à la rue et dormir dehors, alors que votre mère habite juste à 20 minutes de là où vous dormez, fait monter beaucoup de haine en vous.

Le 6 juin 2013, j’étais accueilli par l’association Le Refuge où là j’ai eu du réconfort, le soutien d’une famille où je me sens bien.

Le Refuge m’a fait grandir, et m’a apporté beaucoup de choses, en moi et sur le plan professionnel.